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mai 2nd, 2011

Rédiger un titre « accrocheur ».

Techniques rédactionnelles.

Jusque là, j’écrivais comme cela me venait, entre deux cours ou le soir dans mon lit. Pas de méthode, pas de réflexion réelle sur le style.

Mais cette année, un cours sur les techniques rédactionnelles sur internet m’a permis de prendre conscience de mes lacunes en matière de méthodologie. Or, celui qui écrit dans un cadre professionnel ou pour son blog ne peut faire éternellement l’économie d’un effort méthodologique.

Le titre est le premier élément d’un texte. L’élément qui saute tout de suite aux yeux, celui qui apparaît souvent dans votre agrégateur de flux RSS ou sur Google.

L’enjeu est d’importance : être compris et donner envie d’être lu.

L’idéal selon moi est de s’appuyer sur des techniques journalistiques.

Comme l’indique justement le titre de ce premier billet, je m’intéresse ici à la méthodologie de rédaction du titre du texte ainsi qu’à l’accroche appelée aussi le chapeau du texte.

De l’importance du titre

Nul doute, c’est l’un des éléments le plus importants de votre texte. En général un titre bien trouvé et original indique un effort de réflexion qui présage de la qualité du texte dans son ensemble.

Première observation. Le titre s’écrit après le corps du texte.

Le titre ainsi que l’intertitre (accroche, chapeau…) contiennent  les mots clefs qui vont permettre de «  baliser » la compréhension du texte et vont créer un horizon d’attente positif.

Le chapeau de votre texte

Avant d’écrire un titre et un chapeau il faudra trouver les mots clefs de votre texte.

En web marketing encore plus qu’ailleurs, ces mots-clefs sont doublement importants. Ils contribuent à valoriser le site et à donner envie de rester sur le site. A l’heure où les internautes sont de plus en plus pressés (concurrence oblige), un peu de temps supplémentaire passé sur votre site n’est pas un luxe!

Inutile de vous rappeler que la rédaction est un élément extrêmement important dans le web. D’un point de vue référencement tout d’abord, puisque les moteurs de recherche actuels favorisent fortement les sites à contenu pertinent contenant les mots clefs liés au thème de votre page mais aussi et surtout d’un point de vue communicationnel.

Tout ce qui peut faciliter la compréhension de votre message doit être mis en oeuvre.

C’est pourquoi, le titre couplé au « chapeau » doit comporter les idées principales du texte (voir les cinq W abordés plus loin).

On peut estimer qu’un « bon titre » et une bonne accroche participent au trafic autant (voir davantage dans certains cas) que le texte lui-même.

NB : Les titres sous forme d’interrogation sont à éviter, ils peuvent embrouiller le lecteur et l’inquiéter. Le journaliste est là pour apporter des réponses et non pour poser des questions.

Une méthode intéressante consiste à trouver une dizaine de mots clefs permettant de résumer le texte puis de créer un titre à partir de ces mots clefs.

Et oui, on écrit son titre APRES son texte!

Prenons l’exemple suivant et essayons de déterminer dix mots clefs regroupant les informations principales du texte.

 » Un vol audacieux a été commis en Suisse. Des œuvres de Picasso exposées temporairement au public en ont fait les frais. Il s’agit plus exactement de toiles qui sont au nombre de sept. Les voleurs se sont introduits dans une galerie de Zurich durant le dernier week-end, après la fermeture du samedi après-midi. Nous ne connaissons pas encore l’identité du propriétaire. On peut toutefois estimer le préjudice entre 50 et 200 millions de francs suisses. Les tableaux volés appartiennent aux périodes « bleue » et « rose » du grand peintre. Figure parmi eux « Le Christ de Montmartre » (1904). Notons que deux des toiles ont déjà été dérobées en 1991 avant d’être retrouvées l’année suivante. »

  •  Le titre pourrait être le suivant : « Sept toiles de Picasso ont été volées à Zurich » (référence : Intelligo.fr)

En plus du titre, l’idéal est d’introduire son texte à l’aide d’un chapeau. Titres et chapeaux doivent donner aux lecteurs l’ensemble des informations essentielles (les fameux « 5 W » dont je parle plus bas).

  1. Who Un voleur.
  2. What 7 Tableaux de Picasso.
  3. Where Zurich.
  4. When Samedi après-midi.
  5. Why 50 à 200 millions d’euros.

Le chapeau (souvent écrit « chapô » dans le milieu de la presse) est l’accroche du texte. L’objectif est de donner envie de lire la suite.

  • Notre « chapeau » : « Le voleur qui s’est introduit samedi après la fermeture du musée a pu mettre la main sur sept tableaux datées de la fameuse « période bleue ». Valeur estimée : 50 à 200 millions de francs suisse ».).

Autre Exemple d’utilisation des « 5W »

Qu’est que les 5W?

Dans le journalisme il est de coutume de dire que pour écrire un « bon » article, il faut suivre la règle des 5 W + 1*(le contexte). Cette règle est un excellent moyen mnémotechnique pour traiter le minimum d’une information. Après avoir répondu aux questions who (qui), what (quoi), when (quand), where (où), why (pourquoi) et, parfois, how (comment), on est sûr d’avoir dégagé le message essentiel du sujet à évoquer, ou du moins de ne rien oublier du contexte.

En français, on parle de QQOQCP (qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi), c’est moins simple à retenir…

Exemple :

« Un viticulteur de Châteauneuf-du-Pape (sud) vient de voir son vin classé « meilleur vin du monde » par la revue américaine spécialisée Wine spectator, mais son millésime 2005 était épuisé avant même d’être distingué, a-t-il déclaré à l’AFP.

Ce « Clos des Papes »  2005, produit par Paul-Vincent Avril, est en tête des 100 premiers vins distingués par la revue, selon le site internet de Wine spectator.

Quatre autres Châteauneuf-du-Pape, un des crus les plus cotés de France, élevé dans la vallée du Rhône, figurent parmi les 20 premiers. « On ne s’y attendait pas forcément, c’est un énorme plaisir pour nous, la famille, mon personnel, pour Châteauneuf-du-Pape, la vallée du Rhône et pour les vins français », a affirmé le viticulteur.

Il a ajouté que plus aucune bouteille de son vin n’était cependant disponible à la vente car tout avait été vendu avant même que la revue ne le distingue, à la mi-novembre. M. Avril a précisé ne produire que de très petites quantités, entendant privilégier la qualité. »

Notre titre : « Le Châteauneuf-du-Pape de 2005, élu meilleur vin du monde et pourtant introuvable».

Autre titre plus accrocheur : « Le meilleur vin du monde déjà totalement épuisé ! »

Ce qu’il ne faut pas faire

Ci-dessous un article du Progrès (journal lyonnais).

« Un touriste suisse a fait récemment le voyage à Lyon pour admirer une dernière fois le charme vieillissant des trolleybus qui parcourent la ligne « 6″ du réseau des transports en commun lyonnais (TLC), le long des pentes de la Croix-Rousse. Il avait entendu dire que les véhicules grenat assuraient leurs derniers services de « remonte-pentes » pour reprendre le mot d’un responsable de la société. Cet étranger, amateur de véhicules anciens, avait compris avant les Lyonnais que, après la « ficelle » (le bus à crémaillère qui reliait autrefois les places des Terreaux et de la Croix-Rousse), l’un des derniers modes de déplacement typiquement croix-roussiens, vivait ses derniers mois« 

(Extrait du « Progrès »)

Que remarquez vous?

Difficile de trouver les  W,

des phrases très longues,

pas très compréhensif…

Bref un article assez mauvais.

Essayons tout de même de lui trouver un titre. Que direz vous de « Un touriste Suisse fait le voyage pour admirer les derniers Trolleybus  de Lyon.»?

Et pour conclure quelques conseils pratiques

  • Les meilleurs titres se font entre 4 et 10 mots.
  • Tous les 1500 signes, il convient de faire une séparation. Généralement, les meilleurs paragraphes font 900 signes.
  • Enfin, une page HTML doit comporter au moins 500 signes pour ne pas parâitre trop « vide ».

L’idée est d’essayer autant que possible d’écrire méthodiquement, cela n’est pas forcément agréable au début. Un grand nombre de blogueurs ou de chargés de communication, écrivent par passion sans forcément attribuer de l’importance aux mots clefs, au référencement Google…

Mais, à y réfléchir, le « fond » n’empêche pas la « forme » et la méthode une fois assimilée n’est pas un frein pour la créativité.

Minutemed.